Souvent situé entre l’humanitaire et le politique, le célèbre gynécologue congolais qui a reçu, début octobre, la plus prestigieuse des récompenses mondiales ne rêve pas pour l’instant de la politique active. Mais il n’entend pas non plus renoncer à sa liberté d’expression.

Le 5 octobre à Oslo, en Norvège, un Congolais est entré de plain-pied dans l’histoire des Nobels. Fils de pasteur et pasteur, le gynécologue Denis Mukwege – 63 ans – a reçu avec l’Irakienne Nadia Murad le prix Nobel de la paix 2018. Celui qu’on surnomme « l’homme qui répare les femmes », selon le titre d’un documentaire du réalisateur belge Thierry Michel, défend depuis près de deux décennies les femmes victimes de viols dans la partie Est de la République démocratique du Congo, région en proie à de récurrents conflits armés.  Il crée en 1999, l’hôpital de Panzi à Bukavu, dans le Sud-Kivu. Cet hôpital est au départ  conçu pour permettre aux femmes d’accoucher convenablement.

Il devient rapide- ment une clinique où l’essentiel des patientes sont des femmes victimes du viol de masse perpétré pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003). Engageant un combat pour la dignité des femmes du Kivu, le docteur Mukwege passe également pour le porte-voix des millions de civils menacés par les exactions des groupes armés ou des grands délinquants du Kivu, région riche en coltan.

Lui-même placé dans le collimateur de ces derniers, échappe de peu à une tentative d’attentat, un soir d’octobre 2012. Après un court exil en Europe, les femmes du Kivu cotiseront pour lui acheter un billet retour et mettront la pression sur la Belgique pour que leur « docteur miracle » rentre au pays. Mukwege retournera à Bukavu sous escorte des casques bleus de la Monusco en janvier 2013.

Suite et intégralité de l’article dans Heshima 02, déjà disponible dans vos kiosques

Dido Nsapu

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